dimanche 13 janvier 2013

Coups de foudre

La lecture pour moi est un grand plaisir et un besoin. Pour autant, ce n'est pas tous les jours que j'ai des coups de coeur littéraires.  Il m'est arrivé cependant à plusieurs reprises de tomber sous le charme  fou d'un(e) auteur(e) contemporain(e)  - une découverte un peu par hasard, suivie d'une sorte d'envoûtement. Voici trois de ces exemples, dont la "sérendipité" explique en partie le plaisir qu'ils m'inspirent:

- Orhan Pamuk -  cela a commencé avec Mon nom est rouge, puis Neige, Istanbul, D'autres couleurs, et Le musée de l'innocence qui m'a tellement touchée que je n'ai jamais réussi à le terminer. Cette rumination obsédante d'un chagrin d'amour qui surdétermine l'existence de l'artiste, et envahit sa mémoire, est aussi une déambulation dans la ville d'Istanbul avec laquelle j'ai tissé ce faisant un lien affectif imaginaire. La nostalgie est le sentiment dominant de cette oeuvre, qui est aussi un sacre du mystère amoureux.

- Laurent Gaudé - le premier que j'ai lu est un recueil de nouvelles offert par Juliette, Dans la nuit Mozambique. J'ai tout de suite aimé. A cause de la force qui en émane, dans le style, les personnages. Ce n'est pas joli, ni élégant - mais dense et profond. La vigueur de l'écriture, son lyrisme rauque pointent toujours qu'il est question de vie et de mort, que la littérature n'est pas fioriture, mais un exercice beaucoup plus vital. Et depuis j'ai continué à lire: Ouragan (inspiré par l'ouragan Katrina qui s'est abattu sur la Nouvelle Orléans en  août 2005), La mort du roi Tsongor (mon préféré), Le soleil des Scorta (qui lui a valu le prix Goncourt). J'attends de pouvoir lire le dernier sorti, Pour un seul cortège, inspiré du Grand Alexandre de Macédoine.

- Ahdaf Soueif - elle n'a pas beaucoup écrit, et cela fait plusieurs années que je cherchais désespérément si elle avait publié à nouveau. Je viens de découvrir qu'elle a sorti un livre sur la révolution égyptienne, Cairo, my city our revolution, qui me reste à lire - le lien entre politique et littérature au coeur d'une existence individuelle donnée est naturellement quelque chose qui me tient à coeur. The map of love est une des lectures les plus agréables que j'ai faites, à la fois en raison de sa construction en répond entre présent et passé  et des thèmes du livre mêlant histoire, politique et sentiments, et parce que les prénoms de deux personnages importants du livre -Anna et sa fille Nur - faisaient comme un étrange écho à ma propre vie lorsque j'ai lu ce livre, au moment même où ma Nour à moi venait juste au monde et que je venais d'arriver d'Egypte en terre américaine. Il faut aussi rendre justice à un roman précédent, In the Eye of the sun, fascinant parcours d'une jeune femme entre Egypte et Angleterre, et méditation tant sur l'identité nationale et historique que sur la féminité. C'est un pavé volumineux, mais qui se lit vite, et peut-être d'autant plus lorsqu'on est une femme.  Ahdaf Soueif - comme Nancy Huston dans un genre très différent, avant d'être un auteur, est une femme qui me parle en tant que femme - il y a quelque chose de fortement intime et une connivence qui constituent une part importante de l'attraction de ses livres sur moi. Je me demande ce qu'il en est pour les hommes.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire